Certes, cet article a un titre qui peut paraitre fort ringard. Il s'agit du livre que je suis en train de lire. Ecrite par le général lui même. J'ai découvert cet homme lors de sa mort.
Bigeard, ou comment un type né en 1916 et qui était fonctionnaire à la société générale fait son service militaire, bon gré, mal gré, pas intéressé par la vie de soldat, et se retrouve pris dans la débâcle de 1940. Sauf que, Bigeard sait qu'il se bat pour la France, son pays, sa terre, celle de sa famille, ses ancêtres, sa fiancée Gaby, dont il deviendra l'époux après une vie qu'il aura partagé avec elle pratiquement d'un bout à l'autre.
Bref, de ses péripéties lors de la campagne de France, à son séjour en Allemagne comme prisonnier de guerre, à son évasion pour rejoindre les forces françaises en Afrique, puis la guerre d'Indochine et la guerre d'Algérie, sa vie sera marquée de campagnes, de victoires et de défaites.
Ce qui me fascine, c'est son franc parler qui lui aura valu du respect et des reproches. Son courage, sa bravoure, son honneteté, son tempéramment de chef, qui crie "on y va !" en prenant place au milieu de ses hommes, plutot que "en avant !" en regardant ses hommes partir à l'assaut. Il respectait ses ennemis et estimait ceux qui avaient remporté une bataille sur lui. Il ne méprisait jamais ceux qu'il avait défaits. Un homme libre et fougueux, en somme.
Ce qui m'a le plus ému je crois, et ce geste pour ses hommes : il était le général qui commandait les troupes lors de la bataille de Dien-Bien-Phû, qui se finit par une grave défaite pour la France, puisque deux tiers de nos soldats y perdirent la vie. Il a demandé dans son testament que ses cendres soient jetées d'un avion sur ce qu'il reste du champ de bataille. Il avait déclaré à ce sujet de faire jeter ses cendres à la presse : "J'ai demandé ça, primo parce que je sais que ça va faire chier tout le monde, et moi, ça me donnera l'occasion de me marrer une dernière fois, et puis j'aurai peut être encore le temps de crier une dernière fois : vive la France, avant que mes cendres touchent le sol. ça aura de la gueule !" Assurément, lui, il l'avait grande. Mais malgré toute cette voix bougonne, moi, je vois là un homme qui avait une haute idée du respect et de l'estime de l'Homme : quel hommage plus noble pouvait-il faire que de retrouver dans cette ultime communion avec l'éternité des hommes avec qui il s'est battu un demi siècle plutôt et qu'il a vu tomber au nom de la France ?
C'est vrai, il connaissait sa femme Gaby, depuis qu'elle a 11 ans. Il lui est resté fidèle toute sa vie. Il l'a épousé en 1942 (ou 43) dans la précipitation pendant l'occupation. Il venait de s'évader d'Allemagne. Il aurait pu choisir de reposer à ses cotés, après l'avoir aimé toute une vie.
Ce type me plait, parce que j'ai longtemps aimé la vie de militaire, que je vois comme quelque chose d'honorifique, dans un pays comme la France, qui à priori ne cherche pas querelle, mais qui envoie plutot ses soldats pour des missions de paix. Mais aussi, j'ai acheté ce livre que je lis, et qui me permet de découvrir à chaque page, l'incroyable vie (et ce n'est pas peu dire) d'un homme qui a su rester honnête, loyal et brave toute sa vie. Celui là n'a pas à rougir quand il franchira les portes du Paradis. C'est un modèle :)
Sur ce, bonne nuit !

C'est un modèle pour toi hihi ;)
RépondreSupprimeren tout cas ne deviens pas militaire