Aujourd’hui, l’été a fichu le camp. Le vent, l’ennemi moribond et solitaire a tout balayé en bas. Marginal et solitaire, il ne vient de nulle part, et balaye, sans but, les arbres qui s’admirent dans la Seine. Il a dévasté de son cri lugubre et glacial les parures d’émeraudes dont se pâmaient les bouleaux en bas de chez moi. Malgré ce froid, ils ont offert à l’ennemi une résistance pacifique : de feu et d’ambre, leurs feuilles se sont métamorphosées.
Impuissantes, elles tombent, vaincues par le vent impassible et pernicieux de l’automne. Cette nouvelle coloration de feu qui les habillent, elles se laissent planer une dernière fois vers la terre, tournoyant silencieuses, comme si elles voulaient donner une dernière grâce à cette chute, pour mieux montrer leur dignité au vent, qui, invisible, frappe, aveugle.
Quand les arbres se dénudent, pour avouer leur défaite, quand le gris est de mise, la seine s’arrête aussi de vivre. On dirait qu’elle stagne, offrant dans ses reflets le miroir triste du ciel où les nuages paissent, fantomatiques. La nuit, complice du vent et des nuages, s’abat, telle une couverture implacable sur le peu de vie qui subsiste. C’est en silence que tous les ans la nature crève, en attendant l’hiver… C’est dans les ébats qu’elle renaîtra au printemps. Quel grand mystère !

Quel joli texte ! ;)
RépondreSupprimerah au fait, peux-tu ajouter le titre du tableau ainsi que le nom du peintre ? ça m'intrigue ^^
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